Cet homme ne sait pas perdre… Ou il a tout gagné, au choix.
Bonjour à tous
Quelques minutes après le sacre de l’Olympique de Marseille la « bible » Wiki, référence du net, est déjà à jour. N’en déplaise à certains (ils se reconnaitront sans doute), cet homme ne sait pas perdre. On peut sans doute lui trouver un tas de défauts de personnalité, d’humanité (comprendre de gestion humaine), d’égo ou de ce que vous voudrez, une chose est certaine, c’est que la culture de la gagne il l’a au plus profond de lui depuis son plus jeune âge.
Je ne retracerai pas ici le palmarès de Didier Deschamps, d’autres sauront le faire bien mieux que moi. Aujourd’hui, vient juste s’ajouter à ce palmarès, dès sa première saison à la tête de l’OM, deux titres : coupe de la ligue et championnat de L1. J’ai juste envie de dire respect !
Je rappellerai simplement son premier titre : il remporte la coupe nationale poussins dans les années 70’s – et non en 1982 comme le mentionne la « bible du net ». En 82 il devait être minime ou cadet, comme quoi ce n’est pas une source toujours fiable – il doit avoir entre 8 et 11 ans.
Pour avoir juste espéré, avec mes p’tits gars cette saison, disputer la phase finale départementale de cette compétition (nous avons échoué à l’avant-dernière marche) – qui en cas de victoire amène vers les phases régionales puis nationales – je vous laisse imaginer ce qu’un premier titre national dans cette catégorie peut représenter dans une future carrière de jeune footballeur. Depuis, Didier Deschamps, DD, la Dech’ (l’orthographe est variable pour ce dernier surnom), a tout gagné. Même lors du passage de son diplômes d’entraineur professionnel (DEPF) en 2004 il sort major de sa promo avec 230,5 points. Pour information, Jean-Pierre Papin, autres illustre grand joueur français, et de l’OM, sera dernier de cette même promo avec 170 points. Comme quoi…
La culture de la gagne
Deschamps sur le terrain n’avait pas un jeu des plus spectaculaires. Les moins initiés ne retiendront que les passements de jambes, roulettes et autres buts splendides d’un Zidane, souvent placé devant lui à la Juve ou en équipe de France et donc dans la lumière ; d’autres, souvent des joueurs évoluant au même poste le dimanche après-midi ou étant par nature altruistes, sauront louer l’importance d’un tel joueur dans une équipe. Ces joueurs de l’ombre qui courent partout de la première à la dernière minute pour le bien de l’équipe et qui ont encore la lucidité (Ah la lucidité ! Je prévois tout un post sur ce sujet) de penser à la tactique préparée par le coach ou à adapter une autre tactique selon les circonstances (ce n’est pas aujourd’hui qu’on verrait ça chez les bleus. Quoi !? Prendre une initiative !? Chez les bleus de Raymond !? Mais vous n’y pensez pas ma pauv’ Lucette ?!?). Il a su au bon moment quitter la canebière pour passer de l’autre coté des Alpes acquérir ou consolider la culture de la gagne. C’est incontestablement à la Juventus de Turin qu’il s’est aguerri et a peaufiné ces valeurs qui l’accompagnent depuis ses premiers pas de footballeur. Bien lui en a pris ! En bon milieu récupérateur, voire relayeur (il savait faire les deux), il amenait dans ses valises à chaque convocation en bleu cette culture qu’il à su transmettre à ses coéquipiers (dont certains évoluaient aussi dans le Calcio) et qui a fait la force de l’équipe de France jusqu’aux sacres suprêmes de champions du monde 98 puis d’Europe en 2000.
Il y aura toujours des mauvaises langues
Ses détracteurs diront qu’il est de la même veine qu’un Aimé Jacquet ou un Marcello Lippi, que son jeu trop défensif ne fait pas rêver. Il a même droit à sa marionnette aux Guignols de l’info qui aussi bien sur le plan tèque-ni-que que ta-que-ti-que ne l’épargnent pas. Certains, de très très mauvaise foi (et il y en a ici aussi), iront même jusqu’à dire que ce n’était pas un grand joueur et encore moins un bon entraineur. Il y aura toujours des mauvaises langues. L’une des premières règles de management (ou de simple relations humaines) est me semble-t-il d’admettre que l’on ne pourra jamais faire l’unanimité. Soit. Mais entre ne pas faire l’unanimité et nier l’évidence qui se présente à nous ; quand de surcroit celle-ci est détaillée, argumentée, chiffrée, il y a une ligne qu’il me semble bon de ne pas franchir. A lire ou entendre certains commentaires concernant Didier Deschamps – surtout depuis qu’il a embrassé cette carrière d’entraineur – tout ce qui lui arrive depuis 2001 n’est pas vraiment de son fait, il a toujours eu un concours de circonstance qui le faisait gagner. A Monaco il atteint la finale de LDC (Ligue des Champions) parce qu’il a une grosse équipe composée de fortes personnalités ; ils s’autogèrent. Avec la Juve, suite aux affaires de corruptions découvertes dans le Calcio, il parvient en une saison à remonter en Série A malgré un handicap de -8 points en début de championnat ; là encore : « avec les joueurs qu’il a (ou qu’il a su convaincre de rester en Série B) c’est la moindre des choses ». Quelques mois après son arrivée à Marseille, il est déjà critiqué d’avoir voulu tout changer, d’avoir recruté des joueurs trop vieux, trop « pied-carrés », trop individualistes (euh… il était déjà là celui-là), trop lents ou trop pas assez brésiliens. Mais surtout, ô sacrilège, il a cassé la belle mécanique qu’avait mis en place le génialissime Gerets (dont on entend beaucoup moins parler depuis ce début d’année 2010), le vrai-super-grand-entraineurs qu’attendait l’OM depuis un certain Raymond Goethals.
Tous ces « certains », ces « quelques uns », ces « tous ceux » sont frappés ce soir d’une amnésie aiguë ; jamais ils n’ont pu dire un jour du mal de super DD la Dech’, le seul vrai-super-grand-entraineurs qu’attendait l’OM depuis un certain Raymond Goethals.
L’amnésie pouvant être un phénomène éphémère, ils se souviendront en revanche très longtemps de la raison qui les a réunis ce soir sur le vieux port pour fêter ce que toute une région attend depuis 17 (pour les fans) ou 18 ans (selon les instances officielles) : le titre de champion de France. Bravo à l’OM, bravo aux Marseillais.
Je ne peux terminer ce post sans avoir une pensée pour celui qui a construit depuis son arrivé une partie de cette victoire en redressant, en équilibrant puis en stabilisant ce club d’un point de vu sportif et financier. Il est à l’origine de l’arrivée de Didier Deschamps, avec qui il n’aura pas eu le temps de collaborer. Bravo aussi au plus Français des Sénégalais, Pape Diouf.
Ce serait une offense de ne pas mentionner son nom car sans lui rien de tout cela ne serait arrivé. A la tête du club depuis 1996, il avait un rêve, une passion, une maitresse… l’OM. Il a donné bien plus que de sa fortune pour la Belle azure et blanc. Pour des raisons bien plus dramatiques il n’aura lui non plus pas eu le temps de voir l’aboutissement de son rêve.
Reposez en paix Monsieur Robert-Louis Dreyfus ; ils l’ont fait !
Footment vôtre
Msieur J
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Salut Coach Vahid. Tiens il faudra que tu m'explique ce pseudo surprenant (rapport là aussi au jeu que l'on prône
). Je ne suis pas certain que Vahid soit des plus ouvert quant à sa méthode de travail.
C'est vrai que DD ce n'est pas toujours la beauté du geste ou du jeu mais il est indéniable que sa méthode à lui aussi est sacrément efficace. Tu sais, le pari fou que j'avais fais il y a quelques mois, ou années, sur mon ancien blog, c'est un ticket Deschamps-Blanc pour l'EDF. Pari fou comme je le dis mais après tout pourquoi pas ? Ne doit-on pas se donner les moyens d'être les meilleurs ? Ils ont su diriger les bleus de 98, être les relais de Jacquet sur le terrain ; c'était eux et eux seuls les deux tauliers de ce groupe champion du Monde et d'Europe.
PS: Il doit être aux anges le petit Messi. (exclusif patte gauche... pour le moment)
A+
Salut Mr J,
Ce n'est pas le football que l'on prône mais que d'efficacité dans tous les domaines. J'avais posté 1 mois avant la finale de la ligue un truc sur l'équilibre que recherchait DD. J'avais dit que lorsqu'il le trouverait, il serait dur à battre, chose faite. Quel compétiteur, gestionnaire d'hommes, ça aide quand on a connu les grands clubs et les grands moments en tant que joueurs, c'est plus facile de faire avaler la chose à des Cheyrou, Taiwo, Ben arfa entre autres et de véhiculer une culture de la gagne hors norme. A confirmer car le plus dur commence peut-être...
Et un DD en équipe de France, pas mal non?
A+.
P.S: Tu imagines qui doit sauter de partout à la maison, le futur Messi bien sûr, à bientôt...
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