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Barça 2009 pour l’éternité (2/2)


Par Thomas Conrié | sam 02 janv 2010

Bonne année 2010 à toutes et tous ! Suite et fin du retour sur cette année magique estampillée "FC Barcelone" avec le dernier mais non des moindres des six trophées glanés par le Barça, et les principales raisons du succès catalan en 2009.

Barça 2009 pour l’éternité (2/2)

La Ligue des Champions pour le plus grand des Champions

Avant tout tous mes Meilleurs Voeux à tous les lecteurs fidèles ou pas de ce blog, et surtout paix, santé et prospérité dans vos foyers. Belle année 2010 defootball avec une Coupe du onde à venir mais avant cela une magnifique Ligue des Champions dès le mouis de févirer qui s'annonce avec un point de chute au Stade Bernabe de Madrid. Et à propos de Ligue des Champions, revenons y sur cette édition 2008/2009 revenue au Barça...

Le FC Barcelone était la meilleure équipe de cette saison européenne et ils en sont sortis vainqueurs le 27 mai 2009 au Stade Olympique de Rome. L’histoire commence par une phase de Groupe parfaitement maîtrisée face au Sporting du Portugal, au Shakhtar Donetsk qui gagnera pourtant la Coupe de l’UEFA (futur adversaire malheureux des blaugranas en Coupe d’Europe) et aux modestes Suisses de Bâle.

Les catalans croisent la route de Lyon en huitièmes de finale, qui « arrachera » un nul à Gerland ressemblant déjà à une performance face au géant catalan, avant une démonstration de force 5/2 des « blaugranas » au Camp Nou…après avoir mené 4/0 en 43 petites minutes de jeu…

C’est exactement, en quarts de finale aller, le même temps (en minutes) qu’il a fallu au Barça pour atteindre…le même score ! Et ainsi plier le quart de finale que l’on annonçait pourtant comme un choc, qui les opposait au Bayern de Munich, qui n’avait jamais subi une telle déroute (4/0) en Coupe d’Europe.

Le match retour ne sera qu’une formalité avec un score nul de 1/1 en Bavière.

La demi finale paraissait dangereuse pour les catalans, face à une très solide équipe de Chelsea, vice championne d’Europe en titre (battue aux tirs aux buts, Nicolas Anelka s’en rappelle encore), et dans les têtes de pont de la "Premier League".

Et ce fut bien la demi finale de tous les dangers, offrant à Barcelone l’occasion de montrer que ce n’était pas que du talent, mais aussi de la solidité et du cœur dans l’adversité. Car adversité il y a eu…

Un 0/0 à l’aller à domicile même en ayant dominé assez copieusement face à un Chelsea héroïque, et qui était venu chercher ce résultat, conscient, que le Barça était quasi imprenable à domicile, pouvait annoncer toutes les possibilités pour le match retour en Angleterre...

Et on y a eu droit, à toutes ces solutions possibles, Chelsea restant longtemps qualifié grâce à un but de l’ancien lyonnais Essien dès la 9ème minute de ce match retour.

Mais tout au bout de la nuit dans les ultimes secondes du temps additionnel, Iniesta, le magnifique, est venu égaliser et priver Chelsea d’une revanche de la finale précédente face à Manchester United. Assurément un des plus grands moments de l’histoire de la Champion’s League que cette fin de match incroyable. En tout cas moi je m’en rappellerai longtemps. Ce n’était pas le Barça facile, le Barça qui déroule qui gagnait sa place, mais un Barça « courage » plus britannique que jamais, qui était allé chercher le ticket pour le chemin qui mène vers Rome au forceps.

Retour en images sur ce moment merveilleux…en expressions libres…

Ce n’était donc peut être pas la meilleure équipe de ce match retour qui s’était qualifiée pour la finale mais c’était bien la meilleure du tournoi.

Face à qui ? Les « mancuniens » tenants du titre, pour la finale dont tout le monde rêvait : Barcelone / Manchester, Messi face à Ronaldo. Une finale de très haut niveau comme attendu, dominée quelques minutes par les Red Devils avant que Eto’o ne vienne ouvrir la marque puis que Léo le Messie vienne anéantir de la tête et entre deux géants mancuniens, comme un symbole (le petit lutin argentin meilleur buteur de la compétition et joueur de l’année qui conclut de la tête la plus belle finale de l’année…), les maigres tentatives de Manchester United de revenir à la marque.

La Coupe aux Grandes Oreilles est parvenue « dans les mains » de l’équipe meilleure attaque du Tournoi, au plus beau football, et possédant le meilleur buteur de la compétition et surtout meilleur joueur du monde en 2009.

Retour en images sur cette finale romaine…

Les raisons du succès

Au delà de cette année exceptionnelle en terme de trophées, il restera aussi et à jamais le souvenir d’une équipe mêlant une qualité de jeu rarement vue, qui recréée le concept de scores fleuves réguliers.

En football on peut toujours gagner un match sur un coup du sort, sans être le meilleur, mais le principe d’un miracle est qu’il n’arrive qu’une fois. Si le FC Barcelone a dominé le football espagnol, européen et mondial en 2009, c’est le résultat d’une succession de facteurs favorables.

Un pour tous et tous pour un

Le Barça 2009, c’est un collectif modèle où tout le monde est au service de tout le monde, il y a à la fois pléthore de vedettes qui deviennent des coéquipiers modèles lorsque ils endossent le maillot catalan. Les solutions d’attaque du Barça 2009 sont multiples, tout ceci basé sur une organisation défensive qui est l’affaire des onze joueurs sur le terrain, à commencer par les attaquants eux-mêmes.

Lors de la saison 2008/2009, il faut savoir par exemple que deux des joueurs ayant commis le plus de fautes ne sont pas autres que Thierry Henry et samuel Eto’o. Ceci est la conséquence d’une stratégie basée sur la récupération de balle le plus immédiatement et le plus haut possible sur le terrain, qui étouffe les adversaires.

Un nouveau coach en or : Pep Guardiola

Le Barça 2009 c’est aussi le succès détonnant d’un jeune entraîneur, Pep Guardiola, qui a 38 ans restera aussi dans le Livre des Records pour le nombre de trophées gagnés en si peu de temps, et est déjà un coach très titré après à peine un peu plus d’une année d’exercice sur le banc d’un club de football professionnel.

Il est d’ores et déjà le plus jeune entraîneur à avoir remporté la Ligue des Champions. Sa force est peut être d’être un pur produit du Club, et d’en connaître tous les fondements, et ce qu’en attendent les socios, mais aussi d’avoir bâti une organisation ambitieuse mais qui fonctionne et plait.

Guardiola c’est aussi l’héritage de sa propre vision du jeu reconnue en temps que joueur, mais aussi la chance d’avoir grandi en tant que professionnel sous le règne du Maître Cruyff, lui aussi adepte du football total.

Un des plus beaux hommages qui pourraient le concerner est signé Eric Cantona « " Le Barca tient à sa tête une personne qui a toutes les compétences pour créer, imaginer et inventer.  Guardiola est un artiste qui n'a pas oublié la notion de plaisir. C'est pour cela que l'équipe fonctionne parfaitement ».

 

Des étoiles bien situées dont un Ballon d’Or

Le FC Barcelone c’est encore et bien sûr une triplette d’attaquants magiques par les buts marqués ou tout simplement le talent. Eto’o – Henry – Messi on en redemande. Et tout a été dit sur ce dernier qui a glané autant de superlatifs que de trophées en cette fin d’année. Mais sa force c’est qu’il est au service de cette équipe qui sait aussi utiliser brillamment son joueur majeur.

Et c’est peut être ce qui marque un déclic avec les récentes saisons plus poussives du Barça qui n’a vraiment pas été aidé, contre toute attente, par la présence de Ronaldinho, malgré quelques brillants exploits. Son départ, en dépit de la valeur du brésilien, est aussi un facteur favorable pour Guardiola pour développer cette sratégie qui est collective.

C’est à ce propos et en France, peut être une des vraies forces de Laurent Blanc dans le succès girondin : malgré la présence d’un joueur leader, en faire un individu au service de l’équipe, et non un sauveur.

Revenons tout de même sous forme d’hommage sur le petit prodige argentin…

 

Le FC Barcelone c’est aussi l’envolée de joueurs moins connus que les trois attaquants de devant mais tout autant primordiaux, sinon plus, que ce soit dans leurs rôles de passeurs, de défenseurs ou de buteurs : Alves, Xavi, et Iniesta.

Et c’est enfin, on le dit moins, mais on l’a encore vu lors du dernier « clasico » Barça Real, une vraie défense structurée et organisée et modifiable, Marquès, Puyol, Pique, Alves ou encore Abidal (cocorico !).

La force du terroir

Les Catalans cultivent aussi la force d’une équipe – aussi – basée sur des pur produits du Club : Bojan, Pedro, Guardiola himself, Puyol…ou un certain Léo Messi à qui le Barça a tout appris.

Le Président Laporta se gaussait récemment du grand rival madrilène en disant qu’il faisait venir les ballons d’or, et que le Barça les formait. Avec l’émergence de tels talents il n’est pas sûr que Messi soit le dernier barcelonais formé au club à briller sur la scène internationale.

Il semblerait même que petit à petit, le remplaçant de notre Titi Henry devienne le local Pedro ci – avant visé pour son exploit d’avoir marqué dans toutes les compétitions évoquées.

Et l’avenir ?

« Une bien belle équipe » comme dirait l’autre qui n’a peut être qu’un point faible : le temps, qui engendre l’usure (celle de Henry par exemple) ou des départs et des arrivées qui peuvent destructurer le schéma général de l’équipe ((Eto’o et Ibrahimovic joueurs si brillants mais différents. Que peut il advenir de cette équipe dans la durée ? Les prochains mois donneront déjà une indication pour savoir si le Barça de Guardiola restera un épiphénomène magique ou une époque du football moderne.

J’avais personnellement une préférence pour Eto’o que je trouvais plus en phase dans sa typologie de jeu avec le Barça, Mais Ibrahimovic fait un très bon début de saison avec le Barça. Ces modifications récentes ont un impact sur le Barça 2009/2010 un peu moins éclatant peut être . J’ai bien écrit « peut être »… En effet :

- le Barça domine un peu moins haut la Liga mais il la domine toujours ;

- le Barça a eu plus de difficulté que l’an passé en Ligue des Champions dans sa phase de poules ayant même eu un peu peur avant un probant succès 2/0 face à l’Inter à la pénultième journée, mais a assuré une première place. Et on a quand même vu sur la double confrontation avec l’Inter Milan qui était le patron du jeu ;

- Barcelone, pour faire la fine bouche a remporté ses deux derniers trophées après prolongation…Mais il les a remporté.

Les résultats sont là, même avec un peu moins de manière, et avec un temps de rodage supplémentaire un Messi de retour en forme et quelques petits détails que Guardiola a toute crédibilité pour mettre en musique, il n’est pas du tout exclu que le FC Barcelone ne soit pas loin au moins d’un « quarté » / « quinté » d’ici un an, en s’étant succédé à lui-même au moins en Ligue des Champions ou en Liga.

La meilleure équipe de tous les temps ?

Après tout ça, le débat reste ouvert pour savoir si c’est la plus belle équipe que l’on n’ai jamais vue. Je laisse cela aux analystes plus brillants que moi : le Milan AC des années Rivera 60/70 ou des années Sacchi, l’Ajax du début des années 70, les Reds des années 70, le même Barça des années Cruyff etc.

Un débat s’est ouvert en Espagne entre cette équipe et le Real de Di Stefano…

Le débat sera toujours éternel entre importance du palmarès et qualité du jeu et des joueurs, le tout agrémenté de l’époque à laquelle on se situe.

Quelle était par exemple la meilleure sélection française de l’Histoire :

- celle de 1986, quasi similaire à celle de 1984 (meilleure équipe d’Europe incontestable au détour de cinq victoires à l’Euro 1984), riche d’un carré magique dont tout le monde pensait qu’elle devait être championne du monde après le quart de finale face au Brésil, et ne le fut finalement pas ?

- ou celle de 1998 bonne à jeter aux orties en mai de la même année (avec son sélectionneur…) et qui gagna la Coupe du Monde avec un jeu moins créatif (non je suis désolé pour tous les fans du maestro et dont je fais partie, Zidane est "sorti du bois" en finale seulement, mais il n’a pas choisi le mauvais match c’est vrai…) mais un jeu plus solide que sa devancière dirigée par Platini, et devient donc championne du Monde grâce à un but en or face au Paraguay et son gardien de choc Chilavert, un loupé de Baggio avant les tirs aux buts, un doublé jamais vu avant ni après de l’un de ses défenseurs, et deux buts de la tête de Zizou.

A l’appui de cet exemple certes en digression mais révélateur, je vous laisse juge en fonction de votre sensibilité…Quoi qu’il en soit, j’ai vu tant le palmarès que le jeu chez le FC Barcelone cette année, et pour ma part, et c’est un euphémisme, j’ai rudement aimé, et ce Barça 2009 était bien « plus qu’une équipe » !

Et pour finir, une sélection d’un Top 20 des buts barcelonais en 2008/2009…

Avec tous mes Meilleurs Vœux renouvelés !

Thomas

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Merci Thomas - c'est clairement l'equipe que j'apprécie le plus ces derniers temps Cool

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Très complet et très intéressant ton article sur une équipe et un club  légendaires . Merci Thomas.

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