Changer... les changements
Usures physiques, blessures à répétitions ou graves, calendriers démentiels, difficultés à jouer en toutes saisons… Voilà des débats ou des maux bien actuels parcourant la France ou le Monde du Football...
En y réfléchissant - cela m'arrive - je propose ici une solution simple, et qui ne ferait que rejoindre d’autres sports : augmenter la capacité à réaliser des changements au cours d’une rencontre.
Que dit le Board ?
La Loi 3 du Football régi par l'International Board est claire : dans tout match sous l’égide de la FIFA, organisé par et entre confédérations et dans le cadre de compétitions d’associations nationales, le nombre de remplacements maximum doit être de trois.
On parle beaucoup de la « spécificité » rétrograde du foot par rapport aux autres sports s‘agissant de la vidéo, mais ce sujet des changements est un autre point d’attention à ce niveau…
Et aussi une des réflexions de l’International Board qui s’est penchée en début d’année passée sur la possibilité d’avoir un remplçant supplémentaire en cas de prolongation. Encourageant mais insuffisant à mes yeux. Et de toutes façons sans effet à ce jour.
Cette disposition engendre au demeurant pas mal de frustrations, puisque aujourd’hui et par ailleurs selon la règle, sept remplaçants peuvent figurer sur une feuille de match au côté des onze titulaires et douze pendant la coupe du monde, soit au minimum quatre ou neuf jeunes gens qui ne peuvent pas participer au jeu
Benchmark des principaux sports collectifs
Le Rugby (à XV) permet de remplacer 7 joueurs, dont 2 joueurs dits de "première ligne" et jusqu’à 5 pour tous les autres postes. Soit un ratio de près de 47%, là où le football se situe à 3/11 = 27%.
Le Basket Ball ne limite aucunement durant la partie le nombre de remplacements, avec un maximum de cinq remplaçants inscrits sur la feuille de match, et 7 pour les matches internationaux.
Le Hand Ball « dit » la même chose que le Basket avec 7 joueurs sur le terrain et cinq remplaçants.
Au Volley Ball, avec six joueurs sur le terrain, c’est un peu plus complexe mais toujours plus permissif que pour le football : six remplacements peuvent être effectués par set (de trois à cinq sets pour les ignares…) et un joueur remplacé peut rentrer une seule fois sur le terrain, à la place du joueur qui l’a remplacé.
On s’aperçoit donc que le football est le sport le plus limité parmi ses petits « copains » (du moins les plus notoires) en terme de remplacements, et cet écart avec les autres sports s’accroît d’autant plus en valeur relative (par rapport au nombre de joueurs présents sur un terrain), là où il est tout de même l’un des plus exigeants si l’on combine :
- le rythme de calendrier (un championnat, une ou deux coupes nationales, une coupe d’Europe pour certains clubs et les matches internationaux assortis d’une compétition officielle pour certains joueurs également) ;
- la longueur des matches (90 ou 120 minutes) ;
- sa difficulté physique : le football est un sport exigeant qui cumule engagement athlétique, courses courtes ou longues et d’autant plus éprouvantes qu’elles sont fractionnées, et points de contact ;
- la difficulté de l’environnement : je me réfère principalement au climat et à la pelouse : entre un terrain dégradé, détrempé, ou gelé et une météo hivernale, ou pluvieuse ou au contraire caniculaire, il n’est pas toujours aisé de trouver des conditions optimales de jeu.
Les méfaits du système actuel
J'en identifie quatre principaux :
1/ d’une part – et cela arrive – un coach va se trouver bloqué si il a déjà épuisé son quota de remplacements, et qu’une blessure survient.
De même on parle parfois de "double peine" (je vous renvoie à Pierre Malouda et son récent article sur Footineo) mais moi je vous fais découvrir ici la "triple peine", dans le cas où un gardien se fait expulser pour une faute dans la surface, le coach est privé s’il a sorti déjà trois joueurs d’une réorganisation tactique.
On le sait en effet dans la pratique, l’expulsion d’un gardien est fréquemment suivie d’un changement immédiat, soit l’entrée d’un gardien, soit une reformation tactique. Le pauvre Robert Pirès est le dindon - par exemple - de la petite farce qui a vu Lehmann se faire expulser par l’arbitre en finale de la Ligue des Champions remportée par Barcelone au Stade de France en 2006.
Flashback…
2/ Une équipe c’est 18 ou 23 joueurs sur une feuille de match, dont l’objectif (théorique...) est de jouer. Le système laisse sur le banc un minimum de 4 à 9 joueurs, là où le fait de donner du temps de jeu à chacun ou au plus grand nombre permet de mettre chacun dans le rythme, évite les frustrations qui souvent engendrent des clashs petits ou grands.
3/ La fatigue : à l’inverse, un minimum de 8 joueurs devront jouer la totalité du temps de jeu, qui sera de 90 mn mais parfois 33% de plus lors d’un match avec prolongation.
Ceci est il bien raisonnable quand on mêle cette donne avec le nombre de matches ?
Conséquence ultime : l’équipe qui gagne une compétition majeure (Euro ou Coupe du Monde) est souvent l’équipe qui a été le plus épargnée par les blessures ou qui dispose de joueurs talentueux qui n’ont que peu jouer.
Et inversement, les joueurs sollicités arrivent « cramés » lors de l’échéance fatidique. Le fiasco des Bleus en 2002 c’est aussi l’indisponibilité de Zidane blessé face à la Corée à l’issue d’une saison épreouvante. Il est assez fréquent de voir des joueurs victimes de crampes entre la 80ème et la 120ème minute d’un match.
4/ Le spectacle : il va de soi qu’on ne peut demander la même vivacité à un joueur au bout d’une heure de jeu qu’à son remplaçant qui arrive tout frais. Multiplier les possibilités de changements ferait peut être gagner au jeu de l’intensité du début jusqu’à la fin du match, de l’engagement et des buts
Les Solutions
L’idée, je l’ai citée, de l’International Board de donner la possibilité d’un remplacement supplémentaire est louable mais insuffisante à mon avis.
Je ne suis pas, a contrario, favorable à une philosophie "jusqu’au boutiste" qui viserait à faire comme au Basket et donner des possibilités de changement illimitées ce qui nuirait beaucoup aux organismes.
On est à peu près d’accord qu’un joueur qui vient de produire 45 minutes de jeu ne peut valablement revenir sur le terrain après que son organisme et sa masse musculaire se soit de nouveau refroidis.
Un compromis serait de fixer les changements à 6 au lieu de 3, et d’avoir la possibilité de deux changements complémentaires en prolongation. En cas de blessure avérée rendant la présence sur le terrain impossible, alors deux remplacements seraient autorisés.
Pour les cas de blessures temporaires nécessitant des soins (saignement, strapping à poser, etc…) je suis favorable à un remplacement temporaire également, cela aurait le mérite d’éviter les palabres « doit il ou pas sortir » et que l’équipe se sente lésée à jouer quelques instants en infériorité numérique. Le jeu ne ferait qu’y gagner en terme de rapidité, et nous épargnerait certaines envolées théatrales également de simulations de souffrances atroces...
Quoi qu’il en soit et à mon humble avis, le football qui devient toujours plus athlétique et reste toujours collectif mériterait que plus de joueurs participent à la fête d’un match…
Dans l’attente de vos réactions ou avis… et avec quelques sorties célèbres…colériques…
ou pour l’éternité…
Thomas
- Blog de Thomas Conrié
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Salut,
Je viens de lire ton article, très bien construit d'ailleurs. Cependant je suis complètement contre l'idée d'augmenter le nombre de remplacements possible durant une partie.
Je m'explique:
Le football est un sport ou pour gagner il faut posséder plusieurs capacités: la technique, l'athlétique, le collectif, la tactique et le physique. Viens ensuite la loi du sport qui est aléatoire.
Passer de 3 à 5 changements c'est négliger et diminuer l'influence de la partie physique mais aussi tactique, puisque les coachs pourraient répondre en temps réel aux problèmes posés par leur adversaire. Je trouve plus intéressante cette capacité à anticiper la stratégie d'une équipe et de préparer une réponse en amont d'une rencontre.
Le physique fait partie intégrante du football, qui n'a pas en mémoire ces matchs ou les joueurs donnent le meilleur d'eux meme dans des prolongations qui se joue au courage.
J'aime çà, ni le basket, ni le hand ne procure des émotions pareilles...
Tu dis quelque chose de très pertinent: les blessures et le calendrier surcharger.
le problème est là: le calendrier.
Il faut je pense une harmonisation des championnats européens, il faut que l'on passe à des ligues élitistes à 16 clubs, le niveau de jeu et l'intensité des matchs n'en seront que meilleures. Dans un compétition on veut savoir qui est le meilleur et non pas le moins mauvais, cette phrase qu'on entend trop souvent "on joue le maintien" et l'antithèse total du sport, çà marche pour une entreprise qui ne veut pas prendre trop de risque à ces débuts mais pas pour le foot. Les équipes doivent jouer pour gagner, pas pour espérer être au même niveau l'année suivante et ce indéfiniment.
Aussi augmenter le nombre de changements c'est clairement une aide pour les gros clubs aux profondeurs de banc abyssale.
Je suis pour la vidéo et ne me considère pas comme rétrograde, mais la beauté du foot réside peut être dans cette différence avec les autres sports, ce coté noble et j'aime voir les visages de frustration des joueurs dont le numéro s'affiche sur le panneau du ème arbitre, on peut respecter les choix du coach tout en voulant continuer à se démener pour son maillot.
Bizou
passer à 5 changements pourquoi pas
les changements temporaires ce seraient pas une bonne idée, si un joueur est vraiment blessé, il faut le chnager
mais 5 changements est-ce que ça favoriseraient les equipes plus riches, une equipe comme manchester City et son effectif de 40 joueurs, a au moins 25 joueurs au meilleur niveau alors que si ont prend Lille , Béria-Rami-costa-emerson-balmont -mavuba-cabaye-hazard-frau-obraniak
remplaçants; chedjou, dumont
de melo, debuchy, gervinho bléssés
Touré et aubameyang encore jeunes
justement
"Pour les cas de blessures temporaires nécessitant des soins (saignement, strapping à poser, etc…) je suis favorable à un remplacement temporaire également, cela aurait le mérite d’éviter les palabres « doit il ou pas sortir » et que l’équipe se sente lésée à jouer quelques instants en infériorité numérique. Le jeu ne ferait qu’y gagner en terme de rapidité, et nous épargnerait certaines envolées théatrales également de simulations de souffrances atroces...
"
les joueurs pourront simuler une fausse blessure pour laisser un autre entrer , le temps de se refaire la cerise
et sans utiliser de changements
Pierre Nicolas, ce que tu proposes serait déja un grand pas : 1 de plus et 2 en prolongation
Ton argument peut être bon effectivement compte tenu des tactiques assez figées sur une partie
2 Sanzi je n'y crois pas trop même si c'est plus intuitif. Si un joueur sort, à mon avis les efforts produits ont été trop rudes et il est bon pour le massage, cela peut même être dangereux pour lui de revenir. Un peu comme si quelqu'un fait une course de 10 km s'arrête 20 mn, il est improbable pour lui de repartir pour un effort
Donc ce qu'on voit au Basket pa exemple me parait difficilement applicable. Mais pourquoi pas après tout en laisser la liberté au coach, même si en général lechangement a trois causes : blessure, méforme, ou réorientation tactique, ce qui rend peu probable que le coach souhaite réintégrer le joueur. Au basket c'est plus faisable du fait de la nature des efforts, et de la taille du terrain et des solutions tactiques multiples
Merci pour vos post
Pierre merci (bis) à ta remarque judicieuse je répond que ce que je propose est assorti du souhait que les règles deviennent un peu moins psycho rigides et que les changements puissent se fzaire sans tout ce cérémonial (joueur au centre du terrain, arrête de jeu, attendre pour rentrer que le sortant soit sorti), je pense que les changements pourraient aussi se faire de façon plus souple un peu comme au hockey
Parce que c'est sûr que s'il faut arrêter à chaque fois le jeu une minute cela peut être pénible
Bon article, mais j'irais pas aussi loin que toi.
Augmenter le nombre de changement, oui! Mais peut être pas à 6. Juste à 4. Et 1 ou 2 de plus en cas de prolongation.
Pourquoi? Pour un problème tactique, on voit souvent des coachs, qui n'effectue pas leurs 3 changements, de peur de perturber leurs équipes? 6 joueurs de changés, ca fait en gros 50%, c'est beaucoup, meme si on change par petite touche, ca fait un changement toute les 7-8 mins. Ca veut dire que tu demandes à tes joueurs de se réadapter toutes les 7-8 min, je trouve ca compliqué.
De plus, la plupart des sports dont tu parles (à l'exception du rugby) sont des sports sur petite surface et tous sont des sports avec des phases "arrêtés". Je pense donc qu'en foot il n'est pas envisageable d'un point de vu physique, pour les joueurs, de mettre en place un remplaçant temporaire (problème de claquage, je pense).
Pour finir, je dirais donc, je suis ok avec toi, mais j'irais moins loin ^^
C'est également un probléme à regler en effet.
Excellent article qui soulève un problème récurrent du football parmi tant d'autres ( arbitrage ...). Tu as une très bonne réflexion sur le sujet et proposes des solutions cohérentes et adaptées. Je partage totalement ton avis !
Ce qui serait envisageable c'est lorsqu'un joueur sort (surtout quand c'est une pièce maitresse) il aurait la possibilité de revenir plus tard sur le terrain, même pendant les prolongations, moyennant un changement, un peu comme au Basket et au Hockey, à condition de limiter le nombre de changements bien sur.
Quand aux sanctions il serait pas mal de mettre un système (encore une fois comme au Hockey) d'expulsion temporaire.
Genre le cas d'un joeur fautif sur un penalty ou sur une double biscotte.
C'est bon, apparement, on peut poster. Très bon article Thomas et surtout très bonne idée. Augmenter le nombre de changements peut permettre de baisser le nombre de blessés sur une saison. MAIS, dans un sport de plus en plus télévisée, les chaines ne voudront pas qu'il y ait autant de changements car ça nuirait au rythme du match. Et les médias ont autant de pouvoir dans le foot que Platini en a, si ce n'est plus