Un manager, pour quoi faire ?
Un Manager Général... Le concept de ce début d'année !!
Ils sont nombreux à s'y mettre, dans des versions différentes. pauvre Raymond Domenech jusqu'au bout on tentera de nuire à ses prérogatives...
AULAS EN "SUPER INTENDANT"
On a commencé par Aulas dans une vision plus politique, à la mode « Bez »
Il déclare le 10 décembre 2009 sur l’antenne de Europe 1 :
« Je mets plus en cause les structures que les hommes. Il faut juste qu'il y ait entre l'entraîneur et l'homme qui prend les vraies décisions, une personne physique. […] Il faut que le patron coordonne tout ça, qu'il ait suffisamment de personnalité. Ce serait peut-être aussi l'intérêt de Raymond Domenech d'avoir un homme fort qui le protège » a-t-il estimé. « Il faut trouver le manager, l'élément de dynamisation qui va faire que cette équipe aille le plus loin possible. Structurellement, il manque le patron de l'équipe de France ».
J’ai tendance à sourire tout d’abord de constater que les mêmes causes produisent les mêmes effets, puisque on se rappelle que le même schéma que celui pressenti par Aulas ou assimilé identique s’est mis en place avec l’émergence de Claude Bez en qualité de « super intendant » des Bleus en 1988 postérieurement à l’éviction de Henri Michel. Et dans le décor le même type de Président : benêt, faible, et incompétent. Il s'appelait Jean Fournet Fayard et il est parti un jour de tempête au Parc des Princes en novembre 1993....
En attendant, l’Equipe de France ne s’est pas plus qualifiée ni pour l’Euro 1988 qu’elle n’a été jouer la Coupe du Monde Italienne en 1990. Et surtout, ce concept pseudo révolutionnaire n'a pas fait long feu...A méditer si on doit s'interroger sur le bien fondé de l'approche du Président de l'Olympique Lyonnais.
LIZARAZU A LA MODE BAVAROISE
Bixente Lizarazu en remet (dans le bi hebdomadaire "France Football") une couche dans une vision plus « terrain », et surtout avec un schéma qui a un avantage, c’est d’avoir un homme tout désigné pour l’incarner : lui-même !
« Ce que j'ai connu au Bayern, avec le binôme Hoeness manager-Hitzfeld entraîneur, était une merveille. Pourquoi? Parce que les enjeux et la pression médiatique sont devenus très lourds dans le football moderne et qu'à un moment donné l'entraîneur, pour pouvoir se concentrer sur le terrain, a besoin d'être un peu soulagé de certaines tâches. Ça ne l'empêchera pas de répondre aux questions sur le jeu, mais le manager général pourra aussi parler au nom de l'équipe afin de protéger l'entraîneur et le groupe" explique-t-il dans les colonnes de France Football. (…) La mission de la Fédération n'est pas de gérer une équipe de haut niveau. Elle a sûrement des qualités pour gérer le foot amateur (...) mais le sport de haut niveau, c'est autre chose ».
Il trace, à mon avis à tort, un parallèle entre la gestion d’un Club fait de deux effectifs, l’équipe A s’appuyant sur l’équipe B, une base de formation et de recrutements, fait d’effectifs stables aux mercatos près, là où une sélection n’est jamais définie par avance, et enfin des équipes qui vont jouer une cinquantaine de matches, contre une dizaine pour une sélection.
Et par ailleurs, le problème qu'il pose est une sécession totale ou au moins irrémédiable entre le Club France et la fédération. Or, même si il y a des choses à changer au sein même des instances et j'y reviendrai ci dessous, la FFF reste tout de même la seule institution possible susceptible d'héberger l'Equipe de France.
Le meilleur moyen qu'avait Bixente Lizarazu de ne pas briguer à ce poste, c'était de se déclarer ainsi !
AU MENU CE SOIR…
Et c’est enfin la Fédération Française qui semble t’il a organisé récemment un dîner avec le sélectionneur lui-même pour évoquer cette idée qui comme ls autres ne vient pas d'elle, la reprenant ainsi à son compte. Il semblerait qu’elle puisse émerger mais sans Domenech qui n’a peut être pas apprécié cette semi mise au placard pour finir son mandat, soit après la Coupe du Monde.
Encore, soit dit en passant, toute l’incohérence des dirigeants français qui disent que l’on ne peut pas changer Domenech au risque de déstabiliser la maison Bleue en Afrique du Sud et se penchent sur l’idée de modifier la gestion de la tête de l’équipe dans quelques semaines… !
REVENIR A L’ESSENTIEL
Les réflexions sur le cas Domenech et le Poste de sélectionneur ne portent pas à mon avis sur la façon de gérer l’Equipe de France, et on est en train, de faire du compliqué pour résoudre des problèmes simples.
A l’inverse, tant le succès de 1984 avec Michel Hidalgo que les victoires de 1998 avec Aimé Jacquet, puis en 2000 avec Roger Lemerre reposent sur le même système que le système actuel.
Et ce système me parait adapté à la situation de l’Equipe de France : un homme qui choisit ses joueurs, leur donne les directives de jeu, et est le relai premier, avec le capitaine entre l’Equipe et ses résultats et les médias ou annonceurs. Comment dissocier ces trois actions
Il y a un staff suffisamment imposant pour ne pas croire un seul instant que Raymond Domenech est seul, ou que le futur sélectionneur le serai
Ce n’est pas parce que Raymond Domenech a été un communiquant énigmatique, ou parfois mauvais que un sélectionneur n’a pas cette capacité
Prendre un Manager Général épaulant un entraîneur c’est se poser la question suivante :
Comme on n’agit pas comme en club avec un effectif fixe, qui va choisir les joueurs avant chaque stage ou évènement :
- l’entraîneur qui conduit les entraînements ? Mais comment le Manager va-t-il justifier avec crédibilité des choix qui ne lui appartiennent pas, et avec lesquels il n’est pas véritablement fondé à décider puisque il n’oriente pas le jeu de l’équipe ?
- ou ledit manager qui choisirait des joueurs et les mettrait à disposition d’un entraîneur qui ne saurait pas toujours comment les utiliser ?
Ces deux situations risquent rapidement de conduire à des clashs de personnes dont aucune équipe, la sélection en premier lieu, n’a besoin
A la vérité, dans la structure d’une sélection et ses besoins il me parait important qu’un sélectionneur garde cette triple étiquette, quitte à se faire seconder lui-même d’un homme de terrain, comme par exemple Laurent Blanc est secondé par Jean Louis Gasset à Bordeaux.
Le vrai Manager Général à mon avis ce doit être le sélectionneur lui-même !
On a tendance à confondre l’échec de la mission de communication de Raymond Domenech avec la typologie idéale du poste de sélectionneur
DES SOLUTIONS TOUT DE MEME…
En revanche certaines idées pourraient émerger pour parfaire la légitimité du sélectionneur : d’une part une mise en retrait du Président de la FFF, trop présent à mon avis et qui par ses sorties montre qu’il n’est pas à la hauteur des enjeux de cette équipe professionnelle qu’est l’Equipe de France.
Il pourrait être également intéressant de se pencher sur l’idée d’un vrai comité de sélection à trois ou quatre personnes un peu à la mode rugby qui se réunirait et dégagerait une liste. Domenech aujourd’hui consulte ses adjoints mais reste le seul maître à bord. C’est peut être un service à rendre tant au sélectionneur, qu’à l’équipe elle-même que d’avoir un procédé de choix plus large en terme de personnes.
Enfin si il y a des questions à se poser aujourd’hui en terme de gEstion c’est peut être plutôt sur la tête de la fédération, qui sans même porter de jugements de valeurs, a la responsabilité du Football Amateur et en même temps de l’Elite des Elites à savoir l’Equipe de France.
Ceci suppose peut être une double présidence, avec un « Monsieur Bleu » qui, en revanche dans ce cas, pourrait être un relai du sélectionneur en terme de communication notamment, comme peut être par exemple Aulas à Lyon. Escalettes n’a pas cette carure. Voila un vrai changement qui pourrait être utile
Quoi qu’il en soit, la seule solution aujourd’hui n’est pas de réinventer la gestion de l’équipe de France elle-même, sa présidence mise à part, mais de trouver un homme qui connaisse le football, dispose d’une aura tant auprès de l’environnement extérieur (médias, public) que auprès des joueurs, par son charisme, son autorité, sa vision du jeu, et son intelligence dans la gestion d’un Groupe. Et si on se pose ces questions et que la FFF et son Conseil fédéral veulent bien se donner les moyens de leurs ambitions, un homme se dégage assez nettement aujourd’hui sur ces critères, il s’agit de Laurent Blanc.
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Thomas
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Bien vu Rose j'en rougis de plaisir
Chinmei bien vu c'est justement ce qui me fait marrer, c'est qu'il y a de fortes chances pour que le futur sélectionneur ait son adjoint répondant ainsi au problème. Le fond du débat c'est qu'on n'est pas arrivé par la grande porte à virer Domenech alors on essaie de le mettre dans un placard
J'aurais bien aimé être de ce diner où à mon avis Domenech a du voir...rouge lui aussi
Une petite touche de rose ... ;-)
c bien de faire un article sur le sujet, j'avoue qu'on entend tout et n'importe quoi en ce moment..le coup de la mise sous tutelle, puis du "manager" , tout ca c'etait juste pr cadrer Raymond..avec un selectionneur digne de ce nom, on aurait pas eu de pbs...et puis il est gentil liza mais c'est pas raymond qui anime les sessions d'entrainement..il a un staff pr ca..le role de raymond c le role du manager tel qu'on nous le decrit...
laurent blanc a compris le truc, il emmenera Gasset avec lui, mais ca se fera pas..on aura boghoss en transition ;-)
Pas mal Pierre mais moi cela me rendrait vert que Blanc ne prenne pas en main le destin des bleus. Personnellement il faudrait me...violer pour que je choisisse Tigana
Et pourquoi pas donner les droits TV des Bleus à...Orange tant qu'on y est ?
D'accord avec toi Thomas pour Mr Bleu et Mr Blanc ;-)
Perso je pense que c'est pourtant Mr Noir qui va l'avoir, la place :p
Pas de quoi voir rouge pour autant : Tigana possède toutes les qualités requises, titres compris. Il est loin d'être un bleu.
Par ailleurs je pense que dire que Raymond va devoir se mettre au vert après la CDM n'est pas forcément une erreur de la fédé : la CDM ne sera ainsi pas qu'un jugement executoire, mais bien le final du feu d'artifice arc-en-ciel d'une équipe de foot qui s'assume.