FC Barcelone : une longue marche vers la gloire
Dans l'ombre du Real de Di Stefano
Le FC Barcelone a été créé en 1899, il a remporté le 1er championnat d'Espagne en 1929 mais, après la seconde guerre mondiale, alors que les compétitions européennes de clubs se développaient, il eu bien du mal à rivaliser avec le grand Real Madrid emmené par l'un des meilleurs joueurs de tous les temps : Alfredo Di Stefano.
Le FC Barcelone commença sa moisson internationale par la Coupe Latine (une compétition disparue depuis longtemps et qui opposait ,à la fin des années 40 et dans les années 50, le champion d'Espagne, d'Italie, du Portugal et de France) en 1949 et 1952. Lors de sa seconde victoire en 1952, le FC Barcelone comptait déjà dans ses rangs celui que bon nombre de socios du Barça considèrent comme le meilleur joueur du club de tous les temps : Lazlo Kubala.
Lazlo Kubala est né en Hongrie, pays qu'il a quitté assez tôt pour la Tchécoslovaquie puis l'Espagne et cet attaquant de grande classe possède la particularité d'être un des deux seuls joueurs de l'histoire à avoir été international pour trois pays (la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l'Espagne), l'autre étant Di Stefano (Argentine, Colombie et Espagne).
Avec Kubala à la baguette, le FC Barcelone remportera également les premières éditions de la Coupe des Villes de Foire (ancêtre de la Coupe de l'UEFA et donc de la Ligue Europa) en 1958 et 1960.
En 1960, le palmares international du Barça est donc riche de 2 Coupes Latines et de 2 Coupes des Villes de Foire, ce qui est honorable mais bien peu en comparaison de celui du Real Madrid de Di Stefano, vainqueur des 5 premières éditions de la prestigieuse Coupe d'Europe des Clubs Champions (ancêtre de la Ligue des Champions) de 1956 à 1960 et de la première édition de la Coupe Intercontinentale (ancêtre de la Coupe du Monde des Clubs) en 1960 contre le Penarol Montevideo.
La désillusion de Berne
Lors de la saison 1960-1961, la tendance semble s'inverser : en 8ème de finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, le FC Barcelone (champion d'Espagne) rencontre le Real Madrid (champion d'Europe) et pour la 1ère fois, le Real de Di Stefano va connaître une élimination en Coupe d'Europe. Un nul 2 - 2 à Santiago Bernabeu et une courte victoire 2 - 1 au Camp Nou font le bonheur des Catalans.
Le grand rival vaincu, la voie est libre pour le Barça qui va donc disputer sa 1ère finale de Coupe d'Europe des Clubs Champions en ce printemps de 1961 au Wankdorf de Berne contre le Benfica Lisbonne.
Pour cette finale, le FC Barcelone est le grand favori car Benfica n'est pas encore très connu sur le plan européen et surtout parce que le Barça possède la plus belle ligne d'attaque d'Europe : Lazlo Kubala mais aussi Sandor Kocsis et Zoltan Czibor (tous deux titulaires de la grande équipe de Hongrie vainqueur de l'Angleterre à Wembley en 1953), l'international brésilien Evaristo et Luis Suarez, le stratège espagnol qui vient de recevoir le ballon d'or "France Football" 1960... Excusez du peu !
Et pourtant, sur la pelouse du Wankdorf de Berne, la finale se passe mal pour le favori catalan. Certes, à la 20ème minute, le grand Sandor Kocsis surnommé "tête d'or" a bien ouvert la marque... De la tête... Mais depuis, les Portugais et leur gardien Costa-Pereira repoussent tout.
A l'opposé, c'est le gardien du Barça, le fameux Antonio Ramallets qui n'est pas dans un grand jour... Et quelques minutes après la pause, c'est Benfica qui mène... 3 - 1 !!!
Alors les joueurs du Barça se déchaînent, Kocsis est partout, il rabat les balles de son crâne magique dans les pieds de ses partenaires. Les Portugais sont dominés, surclassés mais c'est le jour de chance de Benfica...
Tête de Kocsis : poteau !
Reprise de volée de Kubala : la balle heurte l'un après l'autre les deux montants !
Retourné de Czibor : poteau !
Czibor ramenera finalement la marque à 3 - 2 mais c'est tout... Le FC Barcelone ne succèdera pas au palmarès au Real Madrid de Di Stefano, laissant cet honneur à Benfica.
A la fin du match, deux hommes sont plus atteints que les autres, il s'agit des deux Hongrois Sandor Kocsis et Zoltan Czibor. En effet, ils viennent de revivre dans le même stade : le Wankdorf de Berne et à nouveau sur le score de 3 - 2, la même désillusion qu'en 1954 lorsqu'ils ont perdu la finale de la Coupe du Monde face à l'Allemagne.
Kocsis et Czibor ne succèderont pas à leur partenaire et capitaine de la grande équipe de Hongrie : Ferenc Puskas, vainqueur de l'édition précédente avec le Real Madrid.
Dans le vestiaire, le grand Sandor Kocsis (meilleur buteur de la Coupe du Monde 1954 avec 11 réalisations) ne pourra retenir ses larmes... Il a vécu le même cauchemar à 7 ans d'intervalle...
Le FC Barcelone, lui, va attendre 25 ans pour rejouer une finale de Coupe d'Europe des Clubs Champions...
Un mur nommé Ducadam
25 ans plus tard, au printemps 1986, le FC Barcelone emmené par le très doué milieu de terrain allemand Bernd Schuster, se retrouve donc, à nouveau, en finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions.
Comme en 1961, le Barça a éliminé le tenant du titre (cette fois la Juventus Turin de Michel Platini) et se retrouve favori de la finale face au Steaua Bucarest.
Comme en 1961, ça va mal se passer...
Et pourtant, cette fois la finale n'a pas lieu au Wankdorf de Berne mais à Séville, en Espagne.
Le FC Barcelone domine le match mais c'est une domination stérile et à la fin du temps réglementaire puis de la prolongation, le score est toujours de 0 - 0.
La Coupe "aux grandes oreilles" va donc se jouer aux tirs au but... Ducadam, le gardien roumain, ne va en encaisser aucun et sera le héros de la soirée...
Les Roumains brandiront le trophée dans la nuit andalouse... Et le FC Barcelone ne succèdera toujours pas au Real Madrid...
La lumière est venue de Ronald Koeman
Heureusement, cette fois le Barça n'attendra pas 25 ans pour rejouer une finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, 6 ans suffiront.
Au printemps 1992, le Barça est en finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions contre la Sampdoria de Gênes de Gianluca Vialli et Roberto Mancini.
En 1992, Le FC Barcelone est entrainé par Johan Cruyff, ancien immense joueur du club dans les années 70, et emmené par le défenseur hollandais Ronald Koeman, le milieu danois Michael Laudrup et l'attaquant bulgare Hristo Stoïchkov.
La finale est équilibrée, on est en prolongation, il y a toujours 0 - 0... A la 112ème minute, le Barça obtient un coup-franc aux abords de la surface italienne...
Alors le libéro Ronald Koeman s'approche de la balle... Le Hollandais a une terrible frappe de balle, il ne laissera à personne le soin de tirer le coup-franc...
La frappe est lourde... Le portier italien Pagliuca est battu... Le ballon est au fond des filets... La Catalogne explose de joie... Le FC Barcelone succède enfin au Real Madrid !
La 3ème fois fut la bonne...
Ce triomphe de 1992 sera suivi par 3 autres finales :
- une lourde défaite 4 - 0 en 1994 face à l'AC Milan
- une victoire 2 - 1 face à Arsenal en 2006 avec Frank Rijkaard comme entraineur et grâce à des buts de Eto'o et Bellini
- une victoire 2 - 0 face à Manchester United en 2009 avec Pep Guardiola comme coach et grâce à des buts de Eto'o et Messi
Le monde aussi est dur à conquérir
Depuis 1960, le club champion d'Europe affronte en fin d'année le club champion d'Amérique du Sud pour une "finale mondiale" appelée : Coupe Intercontinentale et qui, depuis la fin des années 70, se dispute à Tokyo.
En décembre 1992, le FC Barcelone obtient donc le droit de défier le Sao Paulo FC pour le titre de "champion du monde des clubs"... Et ce sont les Brésiliens, emmenés par Raï la future star du Paris-Saint-Germain, qui s'imposeront 2 - 1 et brandiront le trophée.
Le Barça avait rejoint le Real Madrid sur le toit de l'Europe mais pas encore sur le toit du monde...
En décembre 2006, une nouvelle chance s'offre au FC Barcelone de conquérir le monde. Depuis l'année précédente, la Coupe Intercontinentale a fait place à une vraie Coupe du Monde des Clubs qui rassemble les clubs champions de toutes les confédérations.
Le Barça se qualifie en finale face à l'Internacional Porto Alegre... Nouvelle désillusion, ce sont encore les Brésiliens qui brandissent le trophée (1 - 0).
Décembre 2009, 3ème chance pour le Barça, et comme pour la Coupe d'Europe des Clubs Champions, la 3ème sera la bonne...
Cette fois, le tournoi mondial a lieu à Abu Dhabi et le FC Barcelone affronte les Argentins d'Estudiantes La Plata en finale.
Les Catalans sont menés 1 - 0, il ne reste que quelques secondes à jouer quand le jeune Pedro égalise... Cette fois on n'arrêtera plus le Barça qui s'impose en prolongation grâce à un but génial de la poitrine du ballon d'or Lionel Messi.
En cette fin d'année 2009, le FC Barcelone a donc tout gagné et a enfin rejoint le Real Madrid sur le toit du monde.
Mais il ne faut pas oublier que des larmes de Sandor Kocsis à Berne au sourire de Lionel Messi à Abu Dhabi... Le chemin a été long et tortueux... C'est aussi ce qui rend l'histoire du grand Barça encore plus belle...
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UNA STORIA DI MERDIA SI
pitin! chapeau mon sonny! ouiiiiiiiiiiiiiiiii!
oussu o'grius!!!
A souligner aussi le politique sportive du barça, que je trouve admirable. Certes ils ont arraché quelques stars à grands coups de millions (Ibra, Daniel Alves, Henry...). Mais ils s'appuient surtout sur un centre de formation hors pair : Messi, Xavi, Iniesta, Bojan, Busquets, Puyol, Piqué... (il me semble, si je me gourre n'hésitez pas à le dire...). Et c'est ça que j'apprécie le plus, à l'heure où les manchester city et autres real madrid viennent polluer le marché des transferts avec leurs budgets pharaoniques...
Bref, le Barça c'est des stars mais qui le sont surtout grâce à son projet de jeu mûri et travaillé, et grâce à sa formidable "Cantera"!
Merci à tous...
Msieur J... Effectivement, c'est en découvrant l'article de Thomas qu'il m'est venu l'idée de montrer que tout ne fut pas facile pour le Barça... En tout cas pas tout de suite...
Certains clubs comme le Real Madrid remportent les plus grands trophées du 1er coup : C1 en 1956, Coupe Intercontinentale en 1960...
Pour d'autres... Le chemin est plus long...
Bon réveillon à tous... Et à l'année prochaine...
Wouaw ! Un grand moment Sonny. Super article !
En lisant celui de Thomas je me suis dit qu'il serait intéressant de connaitre l'histoire de ce club et sa progression. Savoir s'il avait connu des trous noirs, de longs chemins de disette.
J'aurai dû me douter que tu avais déjà ça sous le coude. On a vraiment l'impression de voyager quand on te lit. Continu à ouvrir nos esprits et à enrichir notre culture du sport qui nous passionne.
Merci pour tout ça.
Très bonnes fêtes de fin d'année.
J'ose esperer que le Real Madrid aura les memes faveurs sur ce forum. Mais pour ça il va falloir le double de texte !
Comme d'habitude, tes articles sont excellents, tres tres instructif et rafraichissant.
Au moins ca change des articles people de certains papiers sportifs.
preum's! bravo sonny!